21

 

Il faisait frais, à Chicago, et il soufflait un léger vent. Gideon se sentait bien dans cette ville. Il appréciait les hauts immeubles et la proximité de la mer. Une grande ville et la plage. Son rêve.

Il était arrivé depuis plusieurs jours avec ses compagnons, et pourtant ils venaient seulement de découvrir l’endroit qu’ils cherchaient, celui qui abritait le « lycée » réservé aux demi-mortels. Il était identique aux autres immeubles de briques rouges de la rue, étroit et long, avec une quinzaine d’étages environ, et deux fenêtres carrées à chaque niveau. Ils avaient mis un temps fou pour le repérer.

Ils avaient d’abord arpenté la ville dans tous les sens, puis, vu que cette recherche ne donnait rien, Lucien s’était dématérialisé dans l’intention de pister des chasseurs. Les chasseurs s’habillaient en civil et camouflaient leurs armes, aussi n’était-il pas facile de les identifier. Lucien avait donc suivi en vain pas mal d’innocents. Au bout de quelques heures, sa patience avait fini par payer et il avait remarqué un type louche qui s’engouffrait dans un immeuble. Il avait tracé un signe discret sur la façade, avec son sang – sang dont Anya pouvait reconnaître la trace énergétique les yeux fermés.

Tout de même, ce « lycée » avait beau se fondre dans la multitude des constructions de la grande ville, c’était étrange qu’ils n’aient pas senti de bourdonnement de pouvoir s’en échapper. Gideon se demandait s’il n’y avait pas de la magie là-dessous. Les locaux étaient peut-être protégés par un sort.

Leur groupe s’était rassemblé dans un immeuble en construction situé face au bâtiment qui les intéressait. Ils le surveillaient, cachés derrière des échafaudages, tandis que des ouvriers s’affairaient derrière eux. Quelques-uns avaient eu le courage de leur faire remarquer qu’ils n’avaient pas le droit de rester ici, mais Lucien leur avait fait le coup des yeux qui roulent en les enveloppant de ses effluves de roses – en somme, il les avait hypnotisés –, et à présent, les braves garçons avaient oublié jusqu’à leur présence. Ils auraient pu se mettre à hurler, personne n’aurait remué un cil.

Gideon aurait bien voulu d’un pouvoir comme celui de Lucien. Ou être transporté par une passion qui aurait décuplé ses forces, comme Maddox. Il aurait même accepté le fardeau d’Amun, qui sondait l’esprit des gens pour leur soutirer leurs noirs secrets. Ou celui de Reyes, contraint de se mutiler à longueur de journée. Paris était le plus gâté, qui passait son temps à chevaucher des femmes. Aeron était capable de voler, Strider gagnait tout le temps. Bref, il trouvait à chacun quelque chose d’enviable. Même Cameo, gardienne de Misère, était mieux lotie que lui. Il suffisait qu’elle apparaisse pour que les hommes se mettent à sangloter comme des bébés.

Et lui ? Lui, il mentait. C’était vraiment trop dérisoire. Pour qu’il puisse complimenter une femme, il fallait qu’elle soit laide. Il était obligé de déclarer à ses compagnons qu’il les haïssait. Il n’avait pas le droit de dire aux chasseurs qu’ils n’étaient que de chiens.

Il vivait un véritable cauchemar et ne pouvait pas même s’en plaindre. Au contraire. Il ne cessait de répéter qu’il avait toujours rêvé d’être possédé par le démon de la Tromperie.

Et pourtant, il ne regrettait pas de faire partie des Seigneurs de l’Ombre. Il en était fier. Fier et heureux.

Ce n’était pas si désagréable que ça, de partager son corps avec une entité démoniaque. On n’était jamais seul, il y avait toujours cette présence qui n’était pas vous, quelque part dans un coin de votre crâne. Mais tout de même… Il n’avait pas eu de chance, le jour du tirage au sort. Les dieux auraient tout de même pu lui attribuer un autre démon, un peu plus reluisant. Tout plutôt que Tromperie. Par exemple, il aurait aimé pouvoir transformer la vie des chasseurs en cauchemar, rien qu’en posant les yeux sur eux. Mais existait-il seulement un démon du Cauchemar ?

Il fut soudain envahi d’une bouffée de nostalgie et sursauta. Qu’est-ce qui lui arrivait ? Il était temps qu’il se secoue…

— On surveille cet immeuble depuis plus d’une heure, fit remarquer Anya. Notre suspect en est déjà ressorti les mains vides et il n’y a pas eu d’autres mouvements. J’ai l’impression que la place est vide.

Elle paraissait perplexe.

— Pourtant, je sens que l’endroit est rempli de chaos.

Le pouvoir d’Anya se nourrissait du chaos. Elle était la première à le détecter.

— Cet endroit n’est pas protégé par un sort, lança Gideon.

Anya poussa un cri étouffé.

— Un sort ! Des sorcières ! Bien sûr ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Les sorcières sont insupportables et elles se croient tout permis. Ça ne m’étonnerait pas qu’elles se soient mêlées de ça… Je jure de mettre leur vilain cœur tout noir dans la corbeille de table de notre salle à manger…

— Je devrais me dématérialiser et entrer, proposa Lucien. Ça me permettrait de repérer discrètement les lieux.

— Non, protesta Anya en secouant la tête. Nous en avons déjà parlé, c’est non.

Gideon, qui se tenait près d’elle, sentit la caresse de ses cheveux soyeux.

— Ce bâtiment me paraît louche et je ne veux pas que ton esprit s’y promène. Surtout s’il y a de la sorcellerie là-dessous. Certainement pas.

Elle secoua encore la tête et, de nouveau, ses cheveux fouettèrent gentiment Gideon, qui eut soudain très chaud. Il adorait les femmes. La dernière fois qu’il avait copulé, c’était juste après leur retour d’Égypte. Les femmes de Budapest connaissaient les Seigneurs de l’Ombre et les considéraient comme des êtres à part. Certaines les prenaient même pour des anges. Pour séduire celle qu’il avait choisie ce jour-là, il n’avait pas eu à parler, juste à lui faire signe d’approcher.

— Restons donc ici à attendre sans rien faire, proposa-t-il.

Cela signifiait qu’il proposait de prendre le bâtiment d’assaut, revolver au poing. Tout le monde avait compris.

— Restons là, c’est trop dangereux d’attaquer, poursuivit-il. Vous avez sûrement oublié la fois où nous n’avons pas survécu à la bombe, ajouta-t-il.

Ils y avaient survécu, bien sûr. Et personne n’avait oublié que l’explosion les avait réduits en bouillie, mais ils étaient prêts à affronter un nouveau calvaire.

— Nous ne bénéficierons pas de l’effet de surprise, ajouta Gideon.

Gideon était la preuve que les Seigneurs de l’Ombre pouvaient survivre à tout, et avec le sourire. Une fois, les chasseurs avaient réussi à le capturer. Il avait passé trois mois entre leurs mains. Trois mois à subir des tortures.

C’était Sabin qui l’avait retrouvé et sauvé. Il l’avait porté sur ses épaules, parce que les chasseurs lui avaient coupé les pieds pour voir comment il régénérait ses membres. Depuis, il vouait un véritable culte à Sabin. Il aurait fait n’importe quoi pour lui. Sabin était un peu leur chef, comme Lucien. Il aurait dû être avec eux, aujourd’hui…

Mais il n’était pas venu à cause de la harpie. Pour la première fois de son existence, Sabin paraissait obsédé par une femme au point de s’enfermer des heures avec elle. Gideon était heureux que son compagnon ait trouvé une femelle, mais il trouvait dangereux que cette relation lui fasse oublier son devoir.

— J’ai une idée, dit soudain Strider.

Strider avait toujours des idées. La victoire lui étant nécessaire, il passait des heures à échafauder des plans et des stratégies avant de partir en mission. Il n’était jamais pris au dépourvu parce qu’il avait envisagé tous les cas de figure.

— Ashlyn serait capable de nous trouver une sorcière en écoutant les voix du passé, dit-il soudain. Cette sorcière pourrait annuler le sort qui protège ce bâtiment.

— Nous n’avons pas le temps, objecta Lucien. Nous devons récupérer tout de suite ces gamins et empêcher nos ennemis de les dresser contre nous.

— Lucien…, dit Anya d’un ton inquiet.

— Ne t’en fais pas pour moi, répondit-il. J’ai su gagner ton cœur, c’est bien la preuve que rien ne me résiste.

Il l’embrassa longuement, puis se volatilisa. Les humains qui travaillaient autour d’eux ne remarquèrent rien et continuèrent leurs activités. Même en l’absence de Lucien, ils restaient sous son influence.

Anya soupira d’un air rêveur.

— Seigneur, ce type me fait perdre la boule…

Reyes ricana.

Strider leva les yeux au ciel.

Amun demeura silencieux et ne manifesta aucune émotion, comme à son habitude.

Depuis quelque temps, Gideon trouvait Amun plus sombre que de coutume. Des rides d’angoisse marquaient le pourtour de ses yeux et de sa bouche. Il avait les épaules raides, comme nouées. Apparemment, son incursion dans l’esprit du chasseur de la pyramide l’avait rudement secoué et il ne s’en remettait pas.

Gideon se désola en silence de ne pouvoir soulager la peine du pauvre Amun. Il éprouvait du respect et de l’affection pour ce géant taciturne, si doux et attentionné. Le temps que ses pieds repoussent, Gideon avait dû rester longuement alité, et il n’avait pas oublié qu’Amun avait pris soin de lui, lui apportant à manger, changeant ses pansements, le sortant de temps en temps pour qu’il s’aère un peu.

Mais Amun était d’autant moins facile à consoler qu’il ne se plaignait jamais. Gideon se glissa près de lui et lui tapota amicalement le dos. Amun ne se tourna pas vers lui pour le remercier, mais ses lèvres ébauchèrent tout de même un sourire.

— Trouvez quelque chose pour me distraire, déclara soudain Anya. Je m’ennuie à mourir.

Tout le monde poussa un grognement mécontent. Quand Anya s’ennuyait, elle faisait des bêtises. Mais Gideon comprit que la déesse était surtout angoissée. Elle n’aimait pas être séparée de Lucien.

— Ne jouons pas à « Comment je vais tuer les chasseurs », proposa-t-il.

— Je vais les transpercer avec mes poignards ! s’exclama aussitôt Reyes avec des yeux féroces.

— Je vais leur tirer dessus, enchaîna Strider. En visant les testicules.

— Je vais leur tordre le cou, ricana Anya en se frottant les mains. Et ensuite leur arracher les tripes en les forçant à regarder.

Elle en était bien capable. Avec elle, toute personne qui menaçait Lucien était condamnée à une mort lente et douloureuse.

— Et toi, Gideon, on sait, poursuivit-elle. Tu vas les embrasser.

Sa déclaration provoqua un grand éclat de rire.

Il avait voulu se montrer gentil avec cette peste d’Anya, et voilà comment elle le remerciait. Il se renfrogna.

— J’ai une idée marrante et qui ferait passer le temps, intervint soudain Reyes. On pourrait lancer des paris sur Sabin et la harpie.

— Ce type-là a des couilles, commenta Strider. Gwen est jolie, d’accord, mais moi, je ne dormirais pas tranquille à côté d’une femme qui peut vous bouffer la trachée avant que vous ayez eu le temps de dire ouf.

Il frissonna.

Anya le réprimanda d’un froncement de sourcils.

— Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à arracher la trachée d’un chasseur, protesta-t-elle. Et de plus, elle ne l’a pas fait exprès. Elle a eu peur. Celui qui effraye une harpie ne survit pas pour le raconter. J’ai appris ça à l’école des dieux : les harpies sont d’une nature violente. Vous avez vu les sœurs de Gwen, je ne vous apprends rien…

Cette fois, tout le monde frissonna.

— Sabin a de la chance, marmonna Gideon.

Anya le regarda fixement, avec une expression hébétée, comme si elle voyait à travers lui. Un bourdonnement de pouvoir s’échappa d’elle et vint s’enrouler autour du guerrier. Puis il disparut au bout de quelques secondes et Anya reprit son sourire enjôleur.

— Gideon, tu devrais faire attention à ce que tu dis, prévint-elle. Le destin pourrait te lier à une femelle bien pire qu’une harpie. Les dieux aiment s’amuser, tu le sais.

Gideon devint tout pâle et serra les poings.

— Tu sais quelque chose de précis ? demanda-t-il.

En tant que déesse, Anya avait parfois accès à certaines informations sur leur devenir.

— Peut-être, répondit-elle en haussant gracieusement les épaules.

— Ne me le dis surtout pas, supplia Gideon.

Il adorait les femmes, oui, mais posséder une femelle à lui… C’était impossible. Impossible et ridicule. Qui aurait voulu d’un type qui disait tout le temps le contraire de ce qu’il pensait ?

— Si je savais quelque chose, je ne me gênerais pas pour te le dire, ricana Anya.

Elle mentait, bien sûr. Elle passait son temps à le faire, mais chez elle, il s’agissait d’une passion, pas d’une malédiction, et elle n’avait aucune excuse. Gideon se demanda comment Lucien arrivait à la supporter.

Il allait protester quand Lucien se matérialisa. Son visage couvert de cicatrices exprimait la plus intense perplexité. Tout le monde se pressa autour de lui.

— L’endroit est parfaitement meublé et équipé, mais il n’y a personne. Pas de papiers non plus, juste quelques vêtements oubliés. Des vêtements d’enfants et d’adolescents. À mon avis, ils ont quitté les lieux précipitamment.

Strider fronça les sourcils, tout en se frottant la tempe.

— Nous arrivons trop tard, marmonna-t-il. Nous avons fait le voyage pour rien.

— Mais j’ai vu d’étranges dessins sur les murs qu’il faudrait déchiffrer, poursuivit Lucien. Je vais vous transporter sur place, un par un, discrètement. L’immeuble est peut-être sous surveillance et il ne faudrait pas se faire remarquer. L’un d’entre vous a peut-être déjà vu de tels dessins au cours de son existence et saura ce qu’ils signifient. En tout cas, ça vaut le coup d’essayer.

Cinq minutes plus tard, ils se trouvaient à l’intérieur du mystérieux bâtiment. Gideon, qui ne s’était pas encore remis du transfert, titubait un peu, pris de vertige. Strider ricanait. Reyes était pâle et se tenait le ventre. Anya sautillait en faisant le tour de la pièce vide. Amun restait dans son coin, silencieux et à l’écart, comme toujours.

— Par là, dit Lucien en les entraînant à travers un dédale d’étroits couloirs.

Leurs pas résonnaient lourdement. Le mur peint d’un gris sale et triste rappela à Gideon la couleur de sa cellule durant sa période de captivité – une cellule qui ne comportait pour tout meuble qu’une paillasse –, et cela lui fit l’effet d’un mauvais présage. Il évitait en général d’évoquer ce souvenir, sauf en plein combat, car cela décuplait sa hargne.

Il remarqua qu’ils passaient devant une enfilade de chambres, ou plutôt de dortoirs, comptant chacun une quinzaine de lits. Il y avait aussi des salles équipées de chaises et de tables bien alignées, réservées probablement aux cours théoriques.

Ils bifurquèrent à gauche, à droite, encore à droite, puis une dernière fois à gauche, pour déboucher dans un vaste gymnase. Ils entrèrent prudemment. L’un des murs était en partie recouvert de miroirs et équipé de barres de danse. L’entraînement comportait sans doute des exercices d’assouplissement. Pourquoi pas ? Un bon combattant travaillait aussi sa souplesse.

Deux autres murs étaient du même gris que celui du couloir, le quatrième était peint d’une multitude de couleurs. Gideon l’observa attentivement. Les couleurs paraissaient posées au hasard. Impossible d’y discerner un quelconque motif.

— C’est très beau, murmura-t-il.

— C’est beau, mais c’est bien l’enchantement que nous soupçonnions, rétorqua Anya.

— J’ai déjà vu ça quelque part, intervint Reyes d’un air sombre. Dans les livres que j’ai consultés pour chercher des renseignements sur Anya.

Il faisait allusion à des recherches effectuées avant l’arrivée d’Anya, quand ils ne la connaissaient pas encore et qu’elle s’était uniquement manifestée par sa voix.

— Je suis flattée d’apprendre que tu t’es intéressé à moi de si près, Douleur, railla Anya. Dommage que tu sois amoureux de moi, parce que je ne suis pas libre. Et à propos de cet enchantement, il utilise une langue ancienne, mêlée à des termes que je ne connais pas, ce qui fait que j’ai du mal à déchiffrer l’ensemble. Je crois reconnaître le mot « sombre », le mot « pouvoir », et le mot… les mots « sans défense ».

— Je n’ai pas du tout envie de quitter cette pièce le plus vite possible, marmonna Gideon.

Sa colonne vertébrale s’était mise à trembler, signe d’un danger imminent.

Reyes soupira.

— Ce grand menteur commence à me taper sur les nerfs.

— Je ne dis que la vérité, reprit sèchement Gideon. Et si ça te tape sur les nerfs, j’en suis désolé. Et puis, pour ta gouverne, je peux me passer de mentir, exactement comme toi tu peux t’abstenir de te mutiler.

— Désolé, lui dit Reyes en soupirant de nouveau. J’aurais mieux fait de me taire. Mens tant que tu veux.

— Je ne mentirai pas.

Strider éclata de rire et lui administra une grande claque dans le dos.

Gideon se rendait compte qu’il était insupportable. Il le regrettait, mais n’y pouvait rien.

Soudain, Anya, qui marmonnait en déchiffrant, poussa un cri étouffé.

— Par tous les dieux !

Elle recula de quelques pas pour s’éloigner du mur et se mit à trembler. Gideon en fut terriblement impressionné. Il avait affronté bien des dangers avec la déesse, et jamais il ne l’avait vue trembler.

— Emmène-nous hors d’ici, Lucien, supplia-t-elle. Tout de suite. Ensemble, si possible.

Lucien n’hésita pas et ne perdit pas de temps à demander pourquoi. Il marcha vers elle et la prit dans ses bras, visiblement décidé à l’emporter la première – parce qu’elle n’avait pas l’air de le savoir, mais il ne pouvait dématérialiser une personne qu’en la touchant, et donc il lui était impossible d’emmener tout le groupe en une seule fois.

Mais c’était trop tard.

Des ombres noires et métalliques descendaient sur les fenêtres du gymnase, les plongeant dans la pénombre. Un étrange bruit venant du couloir ne leur laissa aucune illusion sur leurs chances de s’échapper par là. Le même phénomène se produisait partout.

Gideon tourna sur lui-même en attrapant ses poignards. Il aurait voulu frapper, mais il faisait si noir qu’il ne distinguait pas sa main, encore moins ses compagnons. Il préféra donc s’abstenir, pour ne pas blesser l’un d’eux par inadvertance.

— Lucien ! hurla Anya.

— Je suis là, mon cœur, mais je ne peux pas me dématérialiser, répondit tristement Lucien. On dirait qu’un bouclier magnétique enferme mon esprit dans mon corps.

— C’est le cas, répondit Anya. Et c’est moi qui ai activé le sort en le déchiffrant tout haut, comme une idiote.

Sa déclaration fut suivie d’un long silence. Gideon faillit s’étouffer.

— Et que nous arrive-t-il ? demanda Strider.

— Nous sommes piégés dans le noir, prisonniers, privés de nos pouvoirs, et pour un bout de temps… La dernière ligne de l’enchantement disait : « Seigneurs de l’Ombre, bienvenue en enfer, la demeure qui sera désormais la vôtre jusqu’à votre mort. »

Le piège des ténèbres
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